Energie marine Les énergies de la mer

La filière des énergies marines

Les énergies marines sont passées, en une quinzaine d'années, du laboratoire à l'industrie, pour l'une d'entre elles seulement. Cette page fait le point sur l'état réel de la filière.

L'atout français

énergie bleue

La France dispose du deuxième domaine maritime mondial, réparti sur tous les océans, et de façades très différentes : Manche et mer du Nord aux marées puissantes, Atlantique à la houle forte, Méditerranée profonde et peu marnante, outre-mer tropical.

Elle possède également des acteurs industriels de premier plan dans les chantiers navals, l'ancrage, le câble sous-marin et l'ingénierie offshore, tous issus d'autres secteurs, pétrole, défense, télécommunications.

L'éolien en mer, seule filière industrielle

C'est aujourd'hui la seule énergie marine déployée à l'échelle industrielle.

Les premiers parcs français ont été mis en service au large de Saint-Nazaire, de Fécamp, de Saint-Brieuc et de Courseulles, après des délais d'instruction et de contentieux considérables, plus d'une décennie entre l'attribution et la production pour les premiers.

Les procédures ont depuis été réformées : concertation préalable en amont, débat public commun à plusieurs projets, contentieux porté directement devant le Conseil d'État.

L'éolien flottant constitue le pari suivant. Les fermes pilotes méditerranéennes et bretonnes doivent démontrer la viabilité d'une technologie où la France dispose d'une avance réelle sur les concepts de flotteurs.

Les autres filières

L'hydrolien a connu des revers marquants : plusieurs démonstrateurs ont été arrêtés et des industriels se sont retirés, faute d'un modèle économique soutenable et devant des coûts de maintenance sous-marine élevés. Des projets plus modestes se poursuivent.

Le houlomoteur reste au stade des prototypes, aucune architecture ne s'étant imposée.

Le marémoteur n'a pas connu de nouveau développement depuis la Rance, du fait de son impact estuarien.

L'énergie thermique des mers et le froid par eau profonde progressent en outre-mer, où ils répondent à un besoin réel de climatisation à faible consommation.

Les coûts

Le coût de l'éolien en mer posé a fortement baissé : les prix obtenus lors des derniers appels d'offres français sont plusieurs fois inférieurs à ceux des premiers parcs attribués.

Cette baisse tient à trois facteurs : la taille des machines, la standardisation des procédures d'installation, et la réduction du coût du capital une fois le risque réglementaire diminué.

Les autres filières marines restent, elles, à des niveaux de coût très supérieurs, ce qui explique la lenteur de leur déploiement.

L'emploi et l'industrie

La filière a fait naître des sites industriels dédiés, usines de nacelles, de pales et de fondations, bases de maintenance portuaires, et emploie plusieurs milliers de personnes.

Les emplois de maintenance, moins visibles, sont les plus durables : un parc en mer mobilise pendant vingt-cinq ans des techniciens, des navires et une base portuaire, non délocalisables.

La cohabitation avec la pêche

C'est le principal sujet de tension, et il est légitime.

Les parcs occupent des zones parfois exploitées par la pêche professionnelle, et les restrictions de navigation à l'intérieur varient selon les projets.

Les études conduites sur les parcs européens en service font apparaître des effets contrastés : effet récif favorable à certaines espèces, effet réserve là où le chalutage est exclu, et perte d'accès pour les métiers concernés.

Les dispositifs mis en place, concertation en amont, mesures de suivi, fonds de compensation, n'éteignent pas le débat, et l'acceptation locale reste la principale variable de réussite d'un projet, davantage que la technologie.

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